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Jordy

 

Jordy est un petit coq Nègre-soie.
Il nous a été apporté le 17 décembre, affligé d'une grosseur de la taille d'un oeuf sur la face interne de son aile gauche.
Avant de pouvoir intervenir, il a été mis sous antibiotique, afin d'avoir une couverture de protection lors de l'opération.

Comme dans la chirurgie humaine, même si on connaît parfaitement l'anatomie d'un sujet, lorsqu'on ouvre, on n'est jamais assuré à 100% de ce qu'on va trouver.

Pour Jordy, il s'agissait de plusieurs tumeurs dont la principale avait un poids de 62g.

 

Une tumeur est adhérente aux tissus qui l'entourent, à l'aide une micro-palette il faut dissocier en passant entre la peau et la tumeur pour la décoller du mieux possible en faisant attention de ne pas provoquer une hémorragie car une tumeur est une accumulation de cellules qui forment un ensemble désordonné ainsi qu'une vascularisation tout aussi désordonnée.
Après avoir tout décollé, ont peut commencer d'exciser la tumeur.
Mais il y avait des tumeurs secondaires beaucoup plus petites, ainsi que des racines.
L'anesthésie est limitée, au bout de 1h15, il a fallut arrêter et suturer.
Impossible de faire tenir un pansement avec de l'Hypafix à cet endroit.
Pour faire tenir la compresse stérile imprégnée d'antibiotique, il a fallut adapter un manchon de gaze avec des lacets le maintenant sur le haut de l'aile et fermé à son extrémité :

Mais six jours plus tard, lors du pansement, nous constatons que la suture n'est pas acceptée et qu'il y a un phénomène de rejet.
Il faut savoir que lorsque de l'oxygène entre dans une plaie, les tissus incompatibles se nécrosent et l'organisme cherche à les évacuer, il en est de même pour une activité bactérienne avec production de pus qui doit s'écouler, de ce fait, une suture ne tient pas.
Nous avons alors enlevé les restes de suture et fait un deuxième curetage :


La plaie étant débarrassée de tous les fragments incompatibles, nettoyage soigneux de la cavité avec un antiseptique et remplissage d'une pommade antibiotique afin d'éviter une surinfection et pas de suture au cas ou il serait resté des éléments que nous n'aurions pas vu.
Il fallait également continuer l'antibiotique général et donner deux fois par jour un anti-douleur pour réduire la souffrance de Jordy.

Mais seul dans son box, Jordy déprimait, il se nourrissait presque plus, nous avons alors demandé à sa propriétaire de nous confier sa meilleure copine : Jeannette :

Le moral de Jordy est revenu, il a retrouvé l'appétit et de la vigueur, ainsi, aux pansements suivants, nous avons eu une bonne surprise, les bordures de la plaie se rapprochaient de manière spontanée
Dix jours après le curetage l'épiderme ferme la plaie et les bordures de la peau se rapprochent :

Douze jours après le curetage :

Dix neuf jours après le curetage, la plaie est complètement fermée :

Remarquable cicatrisation des gallinacés !

Mais alors que la plaie de Jordy était fermée il a eu un autre problème, il n'arrivait plus à se tenir sur ses pattes et n'avait plus la force de manger.
Nous avons estimé que Jordy avait une surdose de médicaments ce qui expliquait qu'il avait perdu ses forces.
Nous avons stoppé immédiatement l'antibiothérapie, de toutes les manières, la plaie étant cicatrisée, une récidive était improbable.
Progressivement, Jordy a pu se nourrir avec une alimentation hyper riche et en quelques jours il a pu se remettre debout :

Encore un titi qui revient de loin !
Il est rentré chez-lui le 21 janvier après 36 jours passé à l'association.

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